Lorsqu'il s'agit de contracter un prêt immobilier, l'assurance emprunteur représente une part significative du coût total. Pendant longtemps, les banques ont imposé leurs propres contrats d'assurance, limitant la liberté de choix des consommateurs. Heureusement, la législation a évolué pour permettre aux emprunteurs de faire jouer la concurrence et d'opter pour une délégation d'assurance, c'est-à-dire une assurance souscrite auprès d'un organisme distinct de celui du prêteur. Cette possibilité, encadrée par le Code monétaire et financier et le Code de la consommation, est un levier puissant pour réduire le coût de votre crédit.
Nous constatons régulièrement que de nombreux emprunteurs hésitent à franchir le pas, craignant des complications administratives ou un refus de leur établissement bancaire. Cet article a pour objectif de vous éclairer sur vos droits, les démarches à suivre et les arguments à mobiliser pour demander une délégation d'assurance emprunteur. Que vous soyez en phase de négociation de votre prêt ou que vous souhaitiez changer d'assurance en cours de contrat, nous vous fournirons toutes les clés pour faire valoir vos intérêts et potentiellement réaliser des économies substantielles.
Réponse rapide : Pour demander une délégation d'assurance emprunteur, vous devez trouver un contrat externe offrant des garanties équivalentes à celles exigées par votre banque. Préparez un dossier complet et envoyez votre demande par courrier recommandé avec accusé de réception à votre établissement prêteur. En cas de refus, assurez-vous qu'il soit motivé par un manque d'équivalence des garanties, et non par une simple volonté de vous conserver comme client. Des recours sont possibles si le refus est jugé abusif.
Qui est concerné par la délégation d'assurance emprunteur et quelles sont les obligations ?
La délégation d'assurance emprunteur concerne tout particulier ou professionnel qui souscrit un crédit immobilier et souhaite choisir son assurance en dehors de l'offre de sa banque. Ce droit est garanti par plusieurs lois successives qui ont progressivement renforcé la position de l'emprunteur face aux établissements de crédit. Les principaux acteurs sont l'emprunteur, la banque prêteuse et l'assureur externe.
L'emprunteur : un droit renforcé
En tant qu'emprunteur, vous disposez désormais d'une liberté de choix considérable. Dès la phase de souscription du prêt, la loi Lagarde de 2010 vous autorise à refuser l'assurance groupe proposée par la banque et à lui présenter un contrat d'assurance individuel de votre choix. La seule condition est que ce contrat offre un niveau de garanties équivalent à celui de l'assurance groupe. La banque a l'obligation de vous informer clairement sur ce droit et de vous fournir une fiche standardisée d'information (FSI) détaillant les garanties minimales exigées.
En cours de prêt, les lois Hamon (2014) et Bourquin (2018, intégrée à la loi Sapin 2) sont venues étendre ce droit. La loi Hamon vous permettait de changer d'assurance à tout moment pendant les 12 premiers mois suivant la signature de l'offre de prêt. La loi Bourquin, quant à elle, a généralisé cette possibilité en vous autorisant à résilier votre contrat d'assurance emprunteur et à en souscrire un nouveau chaque année, à la date anniversaire de votre contrat ou de l'échéance principale de votre prêt. Ces dispositifs visent à stimuler la concurrence et à vous permettre de bénéficier des meilleures conditions tarifaires et de garanties.
La banque prêteuse : une obligation de neutralité
La banque a l'obligation d'accepter votre demande de délégation d'assurance si le contrat que vous proposez présente des garanties au moins équivalentes à celles de son offre. Elle ne peut pas refuser votre proposition sous prétexte que vous ne souscrivez pas son assurance groupe. Un refus doit être motivé et uniquement basé sur une non-équivalence des garanties. Si tel est le cas, elle doit vous informer des motifs de son refus par écrit, et ce, dans un délai de 10 jours ouvrés à compter de la réception de votre demande.
De plus, la banque n'a pas le droit de modifier les conditions du prêt (taux d'intérêt, frais de dossier, etc.) en cas d'acceptation d'une délégation d'assurance. Elle doit maintenir les conditions initiales du prêt telles qu'elles ont été négociées, conformément aux articles L313-11 et suivants du Code de la consommation. Toute tentative de pression ou de modification des conditions du crédit pour vous dissuader de faire une délégation est illégale.
L'assureur externe : le garant de l'équivalence
Votre rôle est de trouver un assureur externe (compagnie d'assurance, courtier) capable de vous proposer un contrat respectant les exigences de la banque en termes de garanties. Cet assureur vous accompagnera dans la comparaison des offres et la constitution de votre dossier. Il est crucial de s'assurer que le contrat choisi couvre a minima les risques de décès, d'invalidité permanente totale (IPT), d'incapacité temporaire totale (ITT) et, selon les cas, la perte d'emploi ou l'invalidité permanente partielle (IPP), en fonction des exigences de la banque.
Les délais applicables pour demander une délégation d'assurance emprunteur
Le respect des délais est crucial pour réussir votre démarche de délégation d'assurance. Plusieurs fenêtres de tir existent, selon que vous êtes en phase de souscription de prêt ou en cours de remboursement. Nous vous détaillons ci-dessous les moments clés et les délais à ne pas manquer en 2026.
À la souscription du prêt (Loi Lagarde)
Dès le dépôt de votre demande de prêt, et jusqu'à la signature de l'offre de prêt, vous pouvez présenter à votre banque une proposition d'assurance concurrente. La banque doit vous remettre une fiche standardisée d'information (FSI) listant les garanties minimales exigées pour le prêt. Vous avez ensuite le temps de comparer les offres et de revenir vers elle avec un contrat externe. Le délai de réponse de la banque est de 10 jours ouvrés à compter de la réception de votre offre d'assurance alternative.
Pendant la première année du prêt (Loi Hamon)
Si vous avez souscrit l'assurance groupe de votre banque au moment de la signature de votre prêt, la loi Hamon vous permet de la résilier à tout moment pendant les 12 premiers mois suivant la signature de l'offre de prêt. Pour cela, vous devez envoyer votre demande de résiliation et votre nouveau contrat d'assurance par lettre recommandée avec accusé de réception, au moins 15 jours avant la date d'effet souhaitée pour le nouveau contrat. La banque doit vous répondre dans un délai de 10 jours ouvrés.
Chaque année à la date anniversaire (Loi Bourquin / Sapin 2)
Depuis le 1er janvier 2018, la loi Bourquin (intégrée à la loi Sapin 2) vous permet de résilier votre assurance emprunteur chaque année à la date anniversaire de votre contrat ou à la date d'échéance principale de votre prêt. Vous devez envoyer votre demande de résiliation et votre nouveau contrat d'assurance par lettre recommandée avec accusé de réception, au moins deux mois avant la date d'échéance annuelle de votre contrat d'assurance. Encore une fois, la banque dispose de 10 jours ouvrés pour vous notifier son acceptation ou son refus motivé.
Voici un tableau récapitulatif des délais clés pour votre demande de délégation d'assurance emprunteur :
| Moment de la demande | Base légale | Délai pour l'emprunteur | Délai de réponse de la banque |
|---|---|---|---|
| À la souscription du prêt | Loi Lagarde (2010) | Jusqu'à la signature de l'offre de prêt | 10 jours ouvrés |
| Pendant la 1ère année du prêt | Loi Hamon (2014) | À tout moment durant les 12 premiers mois | 10 jours ouvrés |
| Chaque année (date anniversaire) | Loi Bourquin (2018) | 2 mois avant la date d'échéance annuelle | 10 jours ouvrés |
Documents et preuves à fournir pour votre demande
Pour que votre demande de délégation d'assurance emprunteur soit traitée efficacement par votre banque, il est impératif de constituer un dossier complet et de fournir toutes les pièces justificatives nécessaires. Un dossier bien préparé est un gage de sérieux et réduit les risques de refus pour des raisons administratives.
Les documents essentiels à inclure
- La fiche standardisée d'information (FSI) : Fournie par votre banque, elle détaille les garanties minimales exigées pour votre prêt. C'est le document de référence pour comparer les offres.
- La proposition d'assurance externe : Le document émis par l'assureur concurrent, détaillant les garanties proposées, les conditions générales et particulières, ainsi que le coût. Il doit impérativement mentionner l'équivalence des garanties avec celles de la FSI.
- Le tableau d'amortissement de votre prêt : Ce document, fourni par votre banque, détaille les échéances de votre crédit. Il est utile pour l'assureur externe et pour la banque pour calculer la nouvelle prime.
- Une attestation d'assurance ou un projet de contrat : Ce document, émis par l'assureur externe, prouve que vous avez une proposition ferme et que les garanties sont bien équivalentes.
- Votre demande écrite : Une lettre claire et précise, envoyée en recommandé avec accusé de réception, exprimant votre volonté de demander une délégation d'assurance emprunteur.
L'importance de la preuve écrite
Nous insistons sur l'importance de la communication écrite, notamment par lettre recommandée avec accusé de réception. C'est la seule manière d'avoir une preuve de la date d'envoi et de réception de votre demande, ce qui est crucial pour le respect des délais légaux. En cas de litige, cette preuve sera indispensable pour faire valoir vos droits.
Procédure étape par étape pour demander une délégation d'assurance emprunteur
La démarche pour demander une délégation d'assurance emprunteur peut sembler complexe, mais en suivant ces étapes, vous maximiserez vos chances de succès. Nous vous guidons pas à pas pour structurer votre approche.
Étape 1 : Obtenir la Fiche Standardisée d'Information (FSI)
Commencez par demander à votre banque la FSI de votre prêt immobilier. Ce document est obligatoire et répertorie les garanties minimales exigées par l'établissement prêteur. C'est votre feuille de route pour la recherche d'une assurance externe.
Étape 2 : Comparer les offres d'assurance
Contactez plusieurs assureurs externes ou courtiers spécialisés en assurance emprunteur. Présentez-leur votre FSI afin qu'ils puissent vous proposer des contrats avec des garanties au moins équivalentes. N'hésitez pas à faire jouer la concurrence pour obtenir la meilleure offre en termes de garanties et de tarif.
Étape 3 : Constituer votre dossier de demande
Une fois l'offre d'assurance externe choisie, rassemblez tous les documents mentionnés précédemment : la FSI, la proposition de l'assureur externe (incluant les conditions générales et particulières), l'attestation d'équivalence de garanties, et le tableau d'amortissement de votre prêt.
Étape 4 : Envoyer votre demande à la banque
Rédigez une lettre de demande de délégation d'assurance emprunteur claire et concise. Indiquez votre souhait de souscrire l'assurance externe et joignez l'intégralité de votre dossier. Envoyez cette lettre par courrier recommandé avec accusé de réception à votre banque, en respectant les délais légaux (à la souscription, pendant la première année, ou deux mois avant la date anniversaire).
Étape 5 : Attendre la réponse de la banque
Votre banque dispose d'un délai de 10 jours ouvrés à compter de la réception de votre dossier complet pour vous notifier son acceptation ou son refus. En cas de refus, celui-ci doit être motivé par écrit et justifié par une non-équivalence des garanties. Un refus non motivé ou basé sur des raisons commerciales est contestable.
Étape 6 : En cas d'acceptation
Si la banque accepte votre demande, elle vous enverra un avenant à votre offre de prêt confirmant le changement d'assurance. Vous pourrez alors finaliser la souscription avec l'assureur externe et résilier, le cas échéant, votre ancienne assurance.
Étape 7 : En cas de refus ou de non-réponse
Si la banque refuse votre demande sans motif valable ou ne répond pas dans les délais, vous disposez de recours. Ne restez pas sans agir, car votre droit à la délégation est protégé par la loi.
Attention : piège fréquent
Un piège courant dans la démarche de délégation d'assurance est de se contenter d'un contact téléphonique avec son conseiller bancaire. Nous constatons régulièrement que contacter uniquement son conseiller par téléphone sans réclamation écrite laisse peu de traces. Or, pour toute démarche officielle, et a fortiori pour une demande de délégation d'assurance qui peut rencontrer des résistances, la preuve écrite est absolument essentielle. Un appel téléphonique, même s'il est suivi d'une promesse verbale, n'a aucune valeur juridique en cas de litige. C'est pourquoi nous recommandons toujours d'utiliser le courrier recommandé avec accusé de réception pour toutes vos communications importantes avec votre banque. Cela garantit la traçabilité de votre demande, la date de réception et le contenu de votre envoi, des éléments cruciaux pour faire valoir vos droits et respecter les délais légaux.
Les recours possibles en cas de difficulté
Si votre banque refuse votre demande de délégation d'assurance emprunteur ou ne respecte pas les délais légaux, plusieurs recours s'offrent à vous. Il est important de les connaître et de les activer dans l'ordre pour maximiser vos chances de succès.
Recours amiable auprès de l'agence
Dans un premier temps, nous vous conseillons de prendre contact avec votre conseiller bancaire, puis avec le directeur de votre agence. Exposez-leur la situation, rappelez les dispositions légales (Loi Lagarde, Loi Hamon, Loi Bourquin) et demandez une réévaluation de votre dossier. Il est préférable de formaliser cette démarche par un courrier simple, en plus d'un éventuel entretien, pour garder une trace de vos échanges.
Saisir le service réclamation de la banque
Si la discussion avec l'agence n'aboutit pas, passez au niveau supérieur en saisissant le service réclamation de votre banque. C'est une étape formelle et obligatoire avant de pouvoir envisager des recours externes. Adressez un courrier recommandé avec accusé de réception, en détaillant l'historique de votre demande, les motifs du refus (si communiqué), et en joignant toutes les pièces justificatives. Le service réclamation est tenu de vous apporter une réponse argumentée dans un délai raisonnable, généralement sous 15 jours ouvrés, et au maximum deux mois, comme le prévoit le Code monétaire et financier.
Faire appel au Médiateur bancaire
En cas de réponse insatisfaisante du service réclamation, ou en l'absence de réponse dans le délai imparti, vous pouvez saisir le Médiateur de la consommation compétent pour votre banque. Le Médiateur est une personnalité indépendante et impartiale dont le rôle est de trouver une solution amiable aux litiges entre les clients et leur banque. La saisine du Médiateur est gratuite. Vous devez constituer un dossier complet avec tous les échanges précédents et le soumettre en ligne ou par courrier. Le Médiateur rendra un avis dans les 90 jours. Cet avis n'est pas contraignant pour les parties, mais il est très souvent suivi d'effets. Pour plus d'informations sur cette démarche, nous vous invitons à consulter notre article dédié à la saisine du médiateur de la banque.
Action juridique
Si toutes les tentatives amiables échouent, l'ultime recours est l'action en justice. Vous pouvez saisir le tribunal judiciaire compétent. Avant d'engager une procédure judiciaire, il est fortement recommandé de consulter un avocat spécialisé en droit bancaire. Il pourra évaluer la solidité de votre dossier et vous conseiller sur les meilleures stratégies à adopter. Une action en justice peut être longue et coûteuse, mais elle est parfois nécessaire pour faire respecter vos droits, notamment si le refus de la banque est manifestement abusif et sans fondement légal.
Conséquences juridiques d'une demande de délégation d'assurance réussie ou échouée
La demande de délégation d'assurance emprunteur n'est pas sans conséquences, qu'elle aboutisse ou non. Il est essentiel de comprendre les implications juridiques pour anticiper et agir en connaissance de cause.
En cas de succès de la délégation d'assurance
Si votre demande est acceptée par la banque, les conséquences sont majoritairement positives. Vous bénéficierez d'un contrat d'assurance potentiellement moins cher et/ou avec de meilleures garanties, réduisant ainsi le coût total de votre crédit immobilier. Juridiquement, la banque ne peut pas modifier les conditions de votre prêt (taux d'intérêt, frais) suite à l'acceptation de la délégation. Un avenant à votre offre de prêt sera signé pour formaliser le changement d'assureur. Votre nouveau contrat d'assurance se substituera à l'ancien, et vous serez couvert par l'assureur de votre choix, sans rupture de garanties.
En cas d'échec ou de refus abusif
Un refus injustifié de la banque peut avoir des conséquences préjudiciables pour l'emprunteur. Outre le fait de ne pas pouvoir bénéficier d'une offre plus avantageuse, cela peut engendrer des frais supplémentaires si vous devez prolonger la recherche d'une assurance ou si vous êtes contraint de conserver l'assurance groupe plus coûteuse. Juridiquement, un refus abusif de la banque, non motivé par une non-équivalence des garanties, est contraire aux dispositions du Code de la consommation. Cela ouvre la voie aux recours que nous avons détaillés précédemment (service réclamation, médiateur, action en justice). La banque pourrait être contrainte d'accepter votre délégation et, dans certains cas, de vous indemniser pour le préjudice subi.
Il est important de noter que si vous engagez une action en justice et obtenez gain de cause, la banque pourrait être condamnée à payer des dommages et intérêts, en plus d'être obligée d'accepter la délégation. Les articles du Code monétaire et financier et du Code de la consommation protègent explicitement l'emprunteur contre ce type de pratiques abusives, soulignant l'importance de contester des frais bancaires ou des pratiques qui semblent illégales.
Exemples concrets
Exemple 1 : Changement d'assurance en cours de prêt pour une meilleure offre
Marie et Jean ont souscrit un prêt immobilier en 2024 avec l'assurance groupe de leur banque. Deux ans plus tard, en 2026, ils constatent que le coût de leur assurance représente une part importante de leurs mensualités. En cherchant sur internet, ils trouvent une offre d'assurance individuelle qui propose des garanties équivalentes, voire supérieures, pour un coût 30% moins élevé. Ils demandent alors à leur banque la Fiche Standardisée d'Information (FSI) de leur prêt. Après avoir obtenu la FSI, ils contactent l'assureur externe qui leur fournit une proposition de contrat et une attestation d'équivalence de garanties. Deux mois avant la date anniversaire de leur contrat d'assurance, ils envoient une lettre recommandée avec accusé de réception à leur banque, joignant tous les documents. La banque, après un premier appel pour tenter de les dissuader, accepte finalement leur demande dans le délai de 10 jours ouvrés, reconnaissant l'équivalence des garanties. Marie et Jean réalisent ainsi une économie substantielle sur le reste de leur prêt, sans que les conditions de leur crédit ne soient modifiées.
Exemple 2 : Refus initial de la banque à la souscription du prêt
Marc, jeune acquéreur à Lyon, sollicite un prêt immobilier en 2026. Avant même la signature de l'offre de prêt, il a déjà comparé plusieurs assurances et trouvé un contrat externe très compétitif. Il présente cette offre à sa banque, qui lui rétorque que son offre groupe est « plus simple et plus sûre ». Marc insiste, en rappelant son droit à la délégation d'assurance selon la loi Lagarde et en fournissant la FSI de la banque avec l'attestation d'équivalence de garanties de l'assureur externe. La banque refuse sa demande, invoquant des garanties prétendument insuffisantes sans fournir de justification précise. Marc envoie alors un courrier recommandé au service réclamation de la banque, détaillant le refus et rappelant les obligations légales. Face à cette démarche formelle, la banque, craignant une saisine du médiateur, revoit sa position et accepte la délégation d'assurance de Marc, reconnaissant qu'elle n'avait pas de motif légitime de refus. Marc a ainsi pu obtenir son prêt avec l'assurance de son choix, dès la souscription.
Quelles sont vos chances d'obtenir gain de cause ?
Vos chances d'obtenir gain de cause dans une demande de délégation d'assurance emprunteur sont très élevées, à condition de respecter scrupuleusement la procédure et de bien préparer votre dossier. La législation actuelle, notamment le Code monétaire et financier et le Code de la consommation, est clairement en faveur de l'emprunteur, renforçant son droit au libre choix de l'assurance.
Situations favorables au demandeur
Vous êtes en position de force si :
- Votre contrat d'assurance externe propose des garanties au moins équivalentes, voire supérieures, à celles exigées par la banque (détaillées dans la FSI).
- Vous respectez les délais légaux pour votre demande (à la souscription, pendant la première année, ou deux mois avant l'échéance annuelle).
- Votre demande est formulée par écrit (courrier recommandé avec accusé de réception) et est accompagnée de tous les documents justificatifs.
- Le refus de la banque n'est pas motivé par une non-équivalence des garanties, ou que cette motivation est vague et non étayée.
Situations défavorables
Vos chances diminuent si :
- Le contrat d'assurance externe que vous proposez ne couvre pas toutes les garanties minimales exigées par la banque, ou si les niveaux de couverture sont inférieurs.
- Vous ne respectez pas les délais de préavis pour la résiliation annuelle ou les fenêtres de la loi Hamon.
- Votre demande n'est pas formalisée par écrit, rendant difficile la preuve de votre démarche.
- Vous ne fournissez pas un dossier complet ou des informations claires à la banque.
Les preuves à réunir pour renforcer le dossier
Pour maximiser vos chances, constituez un dossier solide comprenant :
- La Fiche Standardisée d'Information (FSI) de votre banque.
- La proposition détaillée de l'assureur externe avec l'attestation d'équivalence de garanties.
- Les accusés de réception de tous vos courriers envoyés à la banque.
- Toute correspondance écrite avec la banque (emails, lettres).
- Si possible, des preuves que d'autres banques ou assureurs ont validé l'équivalence des garanties de votre offre externe.
En somme, si votre dossier est bien préparé et que l'offre externe respecte les exigences de la banque, il est très probable que votre demande aboutisse. En cas de blocage, les recours amiables et légaux sont efficaces pour faire valoir vos droits.
Cette analyse est indicative et ne remplace pas l'avis d'un professionnel du droit pour votre situation précise.
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La réussite de votre démarche de délégation d'assurance emprunteur repose en grande partie sur la qualité et la précision de votre courrier. Un modèle générique, aussi bien rédigé soit-il, ne pourra jamais couvrir toutes les spécificités de votre situation, de votre contrat de prêt et des arguments juridiques pertinents.
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Questions fréquentes
Combien de temps ma banque a-t-elle pour répondre à ma demande de délégation d'assurance ?
Votre banque dispose d'un délai légal de 10 jours ouvrés à compter de la réception de votre dossier complet pour vous notifier son acceptation ou son refus. Ce délai est crucial et doit être respecté. Un refus doit être motivé par écrit et justifié par une non-équivalence des garanties, conformément au Code monétaire et financier. En l'absence de réponse dans ce délai, vous pouvez relancer votre banque par courrier recommandé ou envisager les recours.
Puis-je changer d'assurance emprunteur à tout moment ?
Oui, grâce à la loi Bourquin (intégrée à la loi Sapin 2), vous pouvez changer votre assurance emprunteur chaque année à la date anniversaire de votre contrat ou à la date d'échéance principale de votre prêt. Il vous suffit d'envoyer votre demande de résiliation et votre nouveau contrat d'assurance au moins deux mois avant cette date. La loi Hamon permettait de le faire à tout moment durant les 12 premiers mois du prêt.
Que faire si ma banque refuse ma délégation d'assurance ?
Si votre banque refuse votre demande, assurez-vous que le refus est motivé par écrit et qu'il est basé sur une non-équivalence des garanties. Si le motif semble abusif ou si vous n'avez pas de réponse, commencez par contacter le service réclamation de votre banque par courrier recommandé. En cas d'échec, vous pourrez saisir le Médiateur bancaire. L'ultime recours est une action en justice, après consultation d'un avocat.
Qu'est-ce que l'équivalence des garanties ?
L'équivalence des garanties signifie que le contrat d'assurance externe que vous proposez doit couvrir a minima les mêmes risques et au même niveau que l'assurance groupe proposée par votre banque. La banque doit vous fournir une Fiche Standardisée d'Information (FSI) détaillant ces exigences minimales. Il est essentiel que votre nouvel assureur atteste de cette équivalence pour que votre demande soit acceptée.
La délégation d'assurance peut-elle modifier mon taux de crédit ?
Non, la banque n'a pas le droit de modifier le taux d'intérêt de votre prêt ou d'appliquer des frais supplémentaires en cas d'acceptation d'une délégation d'assurance. C'est une pratique interdite par le Code de la consommation. Les conditions de votre prêt immobilier doivent rester inchangées, seule l'assurance est substituée.
Dois-je informer ma banque avant de chercher une nouvelle assurance ?
Il est recommandé de demander la Fiche Standardisée d'Information (FSI) à votre banque avant de chercher une nouvelle assurance. Ce document vous donnera les critères précis d'équivalence de garanties à respecter. Vous n'avez pas besoin de son autorisation préalable pour chercher une offre, mais vous devrez lui soumettre la proposition de l'assureur externe pour approbation.